Les réflexions d'un instructeur pilote de Harvard du temps du BCATP
Article d'Andrea LeBlanc, Rédactrice adjointe du Trenton Contact
Pour la plupart des gens, le Programme d'entraînement aérien du Commonwealth (BCATP) est un événement dont on parle dans les livres relatant l'histoire du Canada. C'est la contribution de notre pays à l'effort de guerre allié pendant la Seconde Guerre mondiale qui, bien qu'importante, remonte à bien longtemps. Cependant, pour le colonel (ret) Cy Yarnell, cela représente beaucoup plus.
En effet, dans le cadre de ce programme, le col Yarnell a appris à piloter, est devenu instructeur-pilote et a par la suite mis ses compétences à profit outremer à titre de pilote de chasse. C'est aussi grâce au BCATP qu'il a rencontré sa future épouse, Phyllis.
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La photo de droite, prise en Italie en 1943, montre le capitaine d'aviation Cy Yarnell, qui faisait alors partie du 601 Squadron de la Desert Air Force pendant la Seconde Guerre mondiale. À gauche, on aperçoit la même photo remise au goût du jour du colonel (ret) Cy Yarnell. M. Yarnell a été instructeur de vol aux commandes du Harvard dans le cadre du Programme d'entraînement aérien du Commonwealth et a complété deux périodes d'affectation outremer en qualité de pilote de chasse. |
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Le BCATP- une des plus importantes contributions du Canada à la Seconde Guerre mondiale - était un programme dans le cadre duquel le Canada assurait la formation des aviateurs de tous les pays du Commonwealth, c'est-à-dire l'Angleterre, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada. Entre 1940 et 1945, environ 151 écoles ont été créées à travers le pays avec un effectif au sol de 104 113 hommes et femmes, dont Cy Yarnell a fait partie.
M. Yarnell s'enrôle dans l'Aviation royale du Canada (ARC) en 1940, à l'âge de 19 ans. Il obtient son brevet de pilote et sa commission d'officier au grade de sous-lieutenant d'aviation en septembre 1941 après une formation à l'École de pilotage militaire d'Aylmer (Ontario). Il est ensuite choisi pour suivre le cours d'instructeur de vol d'une durée de trois mois à École centrale de vol de Trenton. Puis, il retourne à Aylmer en qualité d'instructeur de vol.
Au cours de l'année qui suit (de novembre 1941 à décembre 1942), Cy Yarnell mène de nombreux hommes à l'obtention du brevet de pilote aux commandes du Harvard, à l'École de pilotage militaire d'Aylmer. « Je suis fier de vous signaler qu'aucun de mes élèves n'a eu d'accident pendant leur entraînement et que tous ont survécu à la guerre. Ils étaient tous sensationnels. »
Cette année-là, M. Yarnell fait la connaissance d'une autre personne sensationnelle, une jeune fille du nom de Phyllis. Ils se fréquentent, tombent amoureux et M. Yarnell est affecté outremer.
Il est d'abord affecté à une unité d'entraînement opérationnel dotée d'appareils Hurricane, en Écosse. « Une fois arrivé là-bas, je me suis rendu compte que je ne voulais pas perdre Phyllis. Alors, je lui ai demandé sa main par télégramme et, heureusement, elle a accepté par le retour du télégramme. Dès que j'ai reçu son « oui », je me suis empressé d'envoyer un autre télégramme, à mon père cette fois, pour lui demander de courir lui acheter une bague de fiançailles. Ce qu'il a fait. »
Cy Yarnell quitte ensuite l'Écosse pour se joindre à la Desert Air Force au sein du 601 (RAF) Squadron, en Italie, où il demeure jusqu'à la fin de sa période d'affectation en août 1944. M. Yarnell se rend ensuite en Angleterre où il suit un cours de chef de tir aérien et est affecté à titre d'instructeur de vol dans une unité d'entraînement opérationnel dotée d'avions Spitfire, à Rednal, à la frontière entre l'Angleterre et le Pays de Galles, d'octobre 1944 à janvier 1945. Il profite ensuite d'une permission au pays pour épouser Phyllis. Puis, deux semaines plus tard, il retourne en Europe pour une deuxième affectation. Cette fois, il fait partie du 403e Escadron de l'ARC et y demeure jusqu'à la fin de la guerre. Sa deuxième et dernière affectation prend fin près de Hambourg, en Allemagne, le Jour de la Victoire en Europe.
Peu de temps après, le capitaine d'aviation Cy Yarnell rentre au Canada et quitte les Forces armées en octobre 1945. Quelques mois plus tard, il est rappelé dans l'ARC où il demeure jusqu'en août 1975. Au moment de prendre sa retraite, il détient le grade de colonel.
« Je suis très fier de ma contribution à l'effort de guerre canadien au cours de la Seconde Guerre mondiale. »


