Le gouvernement du Canada a annoncé qu’il fera l’acquisition de 65 chasseurs à réaction F-35 Lightning II dans le cadre du Programme d’avions de combat interarmées. Au moins un pilote de chasse, qui pilotera cet avion un jour, est absolument enthousiaste par rapport à son avenir.
« C’est très excitant de faire partie du changement qui s’en vient avec l’arrivée du nouvel avion », mentionne le Capitaine Forrest Rock, le pilote de chasseur qui était aux commandes du CF-18 du 425e Escadron d’appui tactique de la 3e Escadre Bagotville (Québec) dans le cadre de la conférence de presse de vendredi dernier.
« J’aime piloter le CF-18, mais c’est évident que j’ai très hâte d’être aux commandes du F-35. J’adore mon travail. Ce n’est pas donné à tout le monde de se lever chaque matin, de se rendre au travail et d’aimer ce dernier. Chaque fois que vous activez la manette des gaz (ce n’est peut-être pas la bonne expression), un sourire s’accroche vos lèvres. »
Lors de l’annonce de l’acquisition de 9 milliards de dollars, le ministre de la Défense nationale Peter McKay a mis l’accent sur la raison qui a poussé à choisir l’option d’atterrissage et de décollage classique du F35 Lighting II pour remplacer le CF-18 Hornet.
« La technologie du F35 Lightning II, en termes de capteurs, de technologie furtive, de systèmes d’arme, de survivabilité et de la nature intégrée des systèmes, est réellement synonyme d’un aéronef de cinquième génération », indique le ministre McKay. « Il s’agit du seul chasseur qui répond aux besoins et aux exigences opérationnelles et interopérationnels des Forces canadiennes. »
Entouré du CF-18 du Capt Rock et du modèle vraie grandeur du F35 Lightning II fourni par le fabricant Lockheed-Martin, le Chef d’état-major de la Force aérienne, le Lgén André Deschamps, explique pourquoi le nouveau chasseur changera la façon dont le Canada mène ses opérations aériennes.
Le Lgén Deschamps a aussi expliqué pourquoi le Canada avait besoin de chasseurs de la cinquième génération.
« L’analyse de nos exigences obligatoires pour un nouveau chasseur a indiqué clairement que nous avions besoin d’un chasseur de la cinquième génération, d’affirmer le LGén Deschamps. Le F35 Lightning II est le seul aéronef de cinquième génération sur le marché qui satisfait à toutes nos exigences et il représente le meilleur rapport qualité/prix pour le Canada ».
« La technologie de fusion des données des capteurs du F35 est conçue pour rassembler, synthétiser et afficher l’information et ainsi aider les pilotes à comprendre d’un seul coup d’œil la situation tactique, de prendre rapidement des décisions tactiques complexes et de prendre des mesures déterminantes.
« Il est aussi équipé de la technologie furtive qui le rend pratiquement impossible à détecter par les radars. Cet appareil nous donnera la plus grande chance de réussir nos missions et de permettre à nos hommes et nos femmes de revenir sains et saufs de leurs missions.
« Le F-35 Lightning II améliorera aussi notre interopérabilité, nous assurant de travailler efficacement et en toute sécurité avec nos alliés du NORAD et de l’OTAN, ainsi que dans des opérations de coalition et d’échanges de données dans un environnement sûr ».
Le Lgén Deschamps a aussi expliqué comment le F-35 Lightning II s’en tire très bien comme avion monomoteur.
« Lorsque nous avons acquis le CF-18, il y a près de 30 ans, la technologie des chasseurs monomoteurs comme le F-16 venait à peine de faire surface. Dans le cadre du processus d’évaluation, nous avons passé en revue ces 30 années d’expérience et nous nous sommes demandé, statistiquement, "quels étaient les risques liés au passage d’une plate-forme à deux moteurs à une plate-forme monomoteur comme le CF-18". Bien entendu, la technologie associée aux nouveaux moteurs comme ceux des F35 est extrêmement solide et peut résister aux coups durs. »
Mike Slack, un expert en matière d’acquisition de matériel canado-américain et agent du personnel civil du Bureau de projet du chasseur de la prochaine génération au Quartier général de la Défense nationale mentionne qu’à l’exclusion des avantages opérationnels et de sécurité évidents liés au pilotage d’un aéronef ultramoderne comme le F-35 Lightning II, il existe des économies de coûts importantes en optant pour un chasseur qui est aussi choisi par huit autres pays.
« En exerçant notre option en vertu du protocole d’entente (PE) [JSF] et en collaborant dans le cadre d’une entente internationale, nous avons permis, de concert avec les huit autres pays, au Canada d’avoir droit à des avantages vraiment uniques. »
« Premièrement, nous avons maintenant un accès sans précédent à de l’information comme jamais auparavant. Cela permettra de faire en sorte que nous avons toute l’information technique nécessaire pour maintenir et faire fonctionner ces flottes jusqu’à la faire de leur vie utile. »
« Deuxièmement, cela fournit à l’industrie un accès sans pareil à des occasions d’affaires et à un programme d’une valeur de 383 milliards de dollars lié à 3 173 avions que le partenariat [JSF] permettra d’acheter, en plus de la possibilité que les 2 000 aéronefs que nous attendons soient vendus à d’autres acheteurs partout dans le monde. »
« Troisièmement, le PE offre au Canda la possibilité d’obtenir une importante remise concernant le prix d’un aéronef par rapport au prix qu’il faut payer en achetant l’appareil dans le cadre du programme de ventes militaires étrangères du gouvernement des États-Unis. Cela représente d’énormes économies. Cette façon de fonctionner représente à elle seule une économie équivalente à environ un dixième de la valeur totale du programme. »
« Finalement, grâce à la collaboration avec nos partenaires dans ce programme, nous avons l’occasion unique de tirer profit au maximum des économies d’échelle de ce programme en ce qui concerne l’appui pour cet avion ainsi que les développements futurs de ce dernier. Nous allons partager les coûts avec huit autres pays, ce que nous n’avons jamais pu faire dans le passé. De plus, cette façon de faire nous permettra de réaliser d’importantes économies. Lorsque vous appuyez 3 000 aéronefs au lieu de 65, les économies d’échelle sont énormes. »
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En quoi consiste un chasseur de la cinquième génération?
Trois capacités clés distinguent les avions de chasse de la cinquième génération de ceux de la quatrième génération :
- Interopérabilité : l’avion de la cinquième génération offre une combinaison unique de furtivité, de capteurs à longue portée et à haute résolution ainsi que de réseaux sécurisés de haute capacité permettant aux chasseurs F-35 de communiquer entre eux et de partager des données dans un environnement sécurisé;
- Capteurs/fusion des données : la cinquième génération comporte un système qui regroupe les renseignements tactiques tirés des capteurs et de sources externes afin de permettre aux pilotes de comprendre aisément la situation tactique en un coup d’œil;
- Survivabilité : la survivabilité de l’avion de la cinquième génération est nettement améliorée puisqu’il dispose d’une technologie furtive lui conférant une très faible visibilité, des capteurs perfectionnés et une liaison de données sécurisée. Ainsi, l’avion de cinquième génération peut accomplir plus durant une mission, tout en ayant besoin d’un moins grand nombre de ressources d’appui.
Il est impossible de faire passer un avion de quatrième génération à la génération suivante; en effet, les capacités de l’appareil de cinquième génération, telles que la technologie furtive, les capteurs à longue portée et à haute résolution, la fusion des données automatisées et les réseaux sécurisés de haute capacité, doivent être intégrées.
Le chasseur de la cinquième génération offre de meilleures possibilités au Canada de réussir ses missions et aux Forces canadiennes de voir leurs pilotes et leurs avions rentrer indemnes de celles‑ci.


