Des uniformes de l’Aviation royale canadienne (ARC) parsemaient la salle d’exercices Cartier à Ottawa la semaine dernière alors que des femmes et des hommes, militaires et civils, se sont rassemblés pour fêter la Journée internationale de la femme.
Le commandant de l’ARC, le Lieutenant-général André Deschamps, est le champion des Forces canadiennes pour la cause des femmes. Par conséquent, de nombreux membres du personnel de l’ARC, tant militaires que civils, et plusieurs de leurs collègues du Quartier général de la Défense nationale ont assisté aux célébrations en tant que participants ou organisateurs. C’était l’occasion pour tous de se rassembler et de souligner la contribution que les femmes ont apportée à la tradition militaire canadienne ainsi qu’à la société dans son ensemble au cours des cent dernières années.
« Aujourd’hui, nous célébrons le rôle prépondérant que jouent les Canadiennes afin de promouvoir les droits de la femme, a déclaré le Lgén Deschamps. De nos jours, les femmes incarnent l’esprit d’innovation, un esprit qui devrait faire notre fierté à tous. »
« En ce qui concerne les Forces canadiennes, les femmes de la Marine, de l’Armée, de l’Aviation et des Forces spéciales continuent d’innover, et ce, plus que jamais. Elles constituent une partie important des Forces canadiennes, soit plus de 15 p.100 de la Force régulière et de la Première réserve combinées, ce qui représente respectivement 9 300 et 6 000 membres. »
« La Défense nationale et les Forces canadiennes sont déterminées à aider les femmes à exploiter pleinement leur potentiel en leur fournissant des ressources et des services de haute qualité en matière de santé et de bien-être dans un milieu accueillant qui favorise leur soutien. »
En effet, le thème des activités de cette année était « Rester fortes : Santé et bien-être des femmes ». Par conséquent, les conférences et les stands portaient particulièrement sur la santé mentale, physique et spirituelle des femmes. La première conférencière, le Capitaine Kim Fawcett, officier de la logistique de l’ARC, a perdu sa jambe droite lorsqu’un conducteur imprudent l’a frappée. Son fils est également décédé lors de cet accident.
Aujourd’hui, le Cap Fawcett est une triathlonienne de calibre mondial et fondatrice de ParAthlète du Canada, une fondation à but non lucratif qui vise à sensibiliser le public à la situation des parathlètes et à recueillir des fonds pour aider des athlètes à acheter des prothèses faites sur mesure, dont le prix peut s’élever à plus de 30 000 $. Le Capt Fawcett a lancé son discours en montrant la prothèse qui lui permet de participer à des triathlons partout dans le monde.
« Voici ma superbe jambe de course dernier cri, celle que j’utilise pour courir 100 m en 17 secondes; c’est mon objectif du moins », explique le Capt Fawcett en plaisantant au sujet des épreuves de sélection en vue des Jeux Paralympiques de 2012 auxquelles elle participera en juin. Bien que le Capt Fawcett ait su épater le public avec le récit de ses prouesses athlétiques et des records qu’elle a battus lors de rencontres internationales, le silence est tombé sur la foule lorsqu’elle a raconté la mort de son enfant.
« Je tenais mon fils dans mes bras et nous avons été frappés du côté droit. Le bouton de mon pantalon de combat s’est accroché à la calandre et j’ai été entraînée sous le véhicule. Lorsque le véhicule s’est arrêté, le bouton s’est détaché et j’ai été projetée contre une barrière en béton. C’est là que mon fils m’a échappé des bras. J’ai subi 21 fractures et j’ai perdu ma jambe, car elle avait été déchirée au dessus de la hanche. Malheureusement, mon fils a été tué. J’ai encore du mal à prononcer ces mots », relate le Capt Fawcett, la voix étranglée.
Elle a ensuite raconté la décision qu’elle a prise de surmonter le deuil de son fils et de survivre au chagrin d’avoir appris qu’elle ne marcherait plus jamais. Ayant participé à des compétitions sportives presque toute sa vie, le Capt Fawcett a pris la décision réfléchie d’honorer la mémoire de son fils Keiran en faisant « les pas qu’il n’a jamais pu faire ». Tout le monde avait la larme à l’œil en écoutant le Capt Fawcett raconter les épreuves qu’elle a surmontées pour se tirer du désespoir. « Il m’accompagne partout, comme un petit ange posé sur mon épaule qui me dit “Vas-y maman, plus vite” ».
En conclusion, le Capt Fawcett a encouragé tout le monde à défier l’adversité, quelle que soit la situation qui se présente. « Rien n’est impossible. Je trouverai toujours une manière d’accomplir ce que je veux. Je ne perds pas de temps avec ceux qui essayent de me barrer la route. Cela prend bien trop d’énergie. Je continue tout simplement mon chemin. C’est ma philosophie, c’est ma manière de faire les choses. »
Deux autres présentations ont suivi celle du Capt Fawcett, une par le Lieutenant-colonel Steve Whitley de l’ARC et auteur de « Happiness Works! Get Yours Here! », un livre qui montre comment surmonter la négativité et le malheur dans la relation de couple, et une autre par Laura Earl, créatrice du numéro comique « I’m an Army wife…Now What? », basé en partie sur la première année de Mme Earl en tant qu’épouse d’un militaire.
Établie officiellement par l’Organisation des Nations Unies en 1977, la Journée internationale de la femme (JIF) est l’occasion de célébrer le pouvoir collectif des femmes du monde entier, passées, présentes et futures. Tout a commencé au début des années 1900 en Amérique du Nord et en Europe lorsque les droits de la femme ont fait leur apparition en tant que priorité mondiale. La JIF est devenue une manifestation internationale où les femmes de tous les continents, transcendant les frontières nationales et mettant de côté les différences ethniques, linguistiques, culturelles, économiques et politiques, s’unissent afin de célébrer les réalisations et les victoires après des décennies de lutte pour l’égalité, la justice, la paix et le développement.



