Au cours des derniers mois de 1990, une coalition dirigée par les États-Unis a rassemblé un demi-million de militaires dans la région du golfe Persique. La coalition était prête à faire la guerre, sous les auspices des Nations Unies, en réponse à l’occupation du Koweït par l’Iraq et en raison du fait que l’Iraq représentait une menace contre la paix et la sécurité dans le golfe Persique.
Les alliés croulaient sous la pression exercée par les forces militaires de Saddam Hussein, dont la présence était considérable. L’armée iraquienne comptait plus d’un million de militaires et elle était soutenue par plus de 5 500 chars d’assaut (notamment des T-72 modernes) et plus de 3 000 pièces d’artillerie. S’ajoutait aussi la Garde républicaine, une élite composée de plus de 80 000 personnes. Les Iraquiens étaient également fiers de posséder plus de 750 aéronefs de fabrication française et russe, dont 500 chasseurs et chasseurs-bombardiers.
Un autre fait inquiétant était que les forces armées iraquiennes étaient habituées au combat, après une décennie de guerre contre l’Iran dans les années 1980, alors que les forces occidentales n’avaient pas participé à une guerre d’envergure depuis la Corée.
Les Forces canadiennes ont été déployées dans le golfe Persique en août 1990, peu de temps après que les Nations Unies aient adopté la résolution 661, qui autorisait un embargo contre l’Iraq afin de rétablir la paix dans la région. L’opération Friction, la participation canadienne aux efforts alliés, comprenait un groupe opérationnel naval, un hôpital de campagne et 24 chasseurs CF-18.
Les 2 700 Canadiens en théâtre auraient pu se fondre dans la force d’un demi-million de militaires, mais les commandants canadiens ont insisté pour diriger l’emploi de leurs soldats. Même la remise du commandement tactique à des commandants étrangers a été faite selon des conditions précises.
Le groupe opérationnel naval du Canada a pris part aux opérations nécessaires à l’arraisonnement de navires suspects naviguant dans la région; il était constitué des destroyers NCSM Terra Nova et Athabaskan, ainsi que du ravitailleur NCSM Protecteur.
Dans un hôpital de campagne canadien, un personnel de 530 personnes soignait des Britanniques et des Iraquiens blessés, en collaboration avec le personnel de la division britannique.
À partir des bases canadiennes situées au Qatar, les escadrons de chasseurs à réaction CF-18 exécutaient des missions de surveillance aérienne, d’escorte et de reconnaissance au combat. Pour la première fois depuis la guerre de Corée, les Forces canadiennes s’étaient engagées dans des opérations de combat air-sol lors d’un conflit.
La date limite pour que l’Iraq se conforme à la résolution 660 des Nations Unies (mettre fin à son occupation du Koweït et rapatrier ses soldats) est arrivée à échéance le 15 janvier 1991. Après cette date, les alliés, dirigés par le général états-unien Norman Schwarzkopf, pouvaient librement entreprendre leurs opérations militaires.
Le facteur « choc » du processus industrialisé postmoderne de conduite de la guerre était sur le point de se déchaîner contre les forces iraquiennes.
La guerre aérienne a débuté deux jours plus tard – le 17 janvier. Cette étape de la campagne avait pour but de détruire les capacités de commandement, de contrôle et de communications ainsi que les capacités aériennes de l’Iraq. Les efforts aériens des alliés ont porté des fruits et ouvert la voie aux fantassins.
La puissante attaque offensive terrestre, lancée le 24 février, a été une manœuvre de force écrasante. Plusieurs braves unités iraquiennes ont résisté et se sont battues, mais leur défaite était inévitable. Les Iraquiens n’avaient aucune chance.
Trois jours après la « course vers l’Iraq », soit seulement 100 heures d’opérations terrestres, les Iraquiens ont été expulsés du Koweït sans cérémonie. Ces derniers sont rentrés en Iraq à la vitesse de l’éclair, et les militaires alliés présents sur le terrain ont décrit leur attaque offensive comme une course.
Le président des États-Unis de l’époque, George H.W. Bush, a déclaré un cessez-le-feu unilatéral le 28 février. Le 3 mars, l’Iraq a accepté de respecter les modalités des résolutions des Nations Unies, et le cessez-le-feu officiel est entré en vigueur le 6 avril.



