Aperçu de la Force aérienne

Transcrit / Discours / Le 22 mars 2012

Une présentation à l’Association des industries canadiennes de défense et de sécurité

20 mars 2012

Chers collègues, Mesdames et Messieurs, c’est avec grand plaisir que je me joins à vous encore une fois pour cet « Aperçu de la Force aérienne ».

Au cours des dernières heures, vous avez écouté des présentations au sujet de nos programmes et de nos projets.

Cette année, j’occupe la position de frappeur clé plutôt que celle de premier frappeur – alors, mon objectif pour les prochaines minutes est de résumer les récentes réalisations de l’Aviation royale canadienne, ses programmes d’acquisition et certains des facteurs stratégiques qui influenceront la puissance aérienne canadienne à l’avenir.

Ensuite, c’est avec plaisir que je répondrai à toutes vos questions au sujet de ce que vous avez entendu ce matin.

En premier lieu, ma priorité est de faire preuve d’excellence dans les opérations.

Depuis plus de douze mois, la capacité de l’Aviation royale canadienne a été mise à l’essai à cette fin. Je souligne avec satisfaction que les hommes et les femmes de l’Aviation royale canadienne ont passé le test haut la main.

L’opération Mobile a mis à l’épreuve notre disponibilité et nos capacités comme jamais auparavant.

Comme vous le savez, en moins de vingt-quatre heures après l’adoption par les Nations Unies de la Résolution 1973 concernant la Libye, nos CF-18 étaient en route pour l’Italie et, en quelques jours, ils étaient engagés aux côtés de nos partenaires de la Coalition.

Les ravitailleurs en vol Polaris et les Globemaster, avec à leur bord de nombreux membres du personnel, les ont immédiatement suivis.

Au cours de la mission, nous avons également utilisé des aéronefs de patrouille à long rayon d’action de type Aurora, des ravitailleurs et des avions de transport de type Hercules ainsi qu’un hélicoptère Sea King embarqué à bord d’une frégate de la Marine naviguant sur la Méditerranée.

À bord d’appareils AWACS de l’OTAN et des États Unis, des militaires canadiens ont assuré la surveillance au dessus de la Libye et ils ont appuyé le commandement et le contrôle des forces déployées dans la région.

Je me dois de mentionner que nos CF-18 se sont servis du nouveau système de munitions interarmes d’attaque directe au combat pour la première fois dans le cadre d’une attaque contre un entrepôt de munitions appartenant aux forces pro Kadhafi qui s’est avérée une belle réussite. Jusqu’à récemment, nos CF-18 étaient armés de bombes à guidage laser.

En outre, nos appareils Aurora ont également réalisé une première sur le plan opérationnel en assurant la surveillance au sol ainsi que le soutien de l’établissement des objectifs.

Ils ont fourni des renseignements essentiels aux forces de la coalition et démontré clairement les capacités exceptionnelles de leur nouveau système de mission d’équipement terrestre.

Dans l’ensemble, l’effet de puissance aérienne produit par nos appareils et notre personnel a été tout simplement exceptionnel.

Nos opérations en Libye ont également démontré que le besoin de grande précision dans le cadre des missions de combat continue à croître. Munis des armes, du renseignement et des tactiques nécessaires, nous cherchons à établir les objectifs avec extrême précision et d’engager ainsi les menaces tout en évitant de blesser des civils et d’endommager les infrastructures civiles importantes.

Avant de terminer sur l’Op Mobile, je dois féliciter une fois de plus l’extraordinaire leadership que le Lieutenant général Charlie Bouchard a démontré en sa qualité de commandant de la mission de l’OTAN.

Au cours de cette même période, notre escadre aérienne en Afghanistan a encore été très active.

Nos expériences orienteront nos capacités futures, notamment la capacité expéditionnaire aérienne située à Bagotville, au Québec, ainsi que nos processus d’instruction.

De plus, pendant la même période, nous avons déployé des CF-18 en Islande dans le cadre d’une mission de police aérienne sous l’égide de l’OTAN et nous avons déployé des hélicoptères Griffon ainsi que leur équipage en Jamaïque en vue d’offrir une instruction en recherche et sauvetage et de soutenir la Force de défense jamaïcaine pendant la saison des ouragans.

Plus près de nous, nous avons dû réagir aux caprices de dame nature. Nous avons évacué les résidents de plusieurs localités nordiques en Ontario et en Saskatchewan qui étaient menacés par des feux de forêts et nous avons aussi participé aux efforts d’aide et à l’évacuation des victimes d’inondation dans la Vallée du Richelieu au Québec et au Manitoba.

Au même moment, nous avons poursuivi notre tâche à l’échelle nationale pour laquelle aucun échec n’est permis, en protégeant les Canadiens contre les menaces aériennes par l’intermédiaire du NORAD.

Et nous avons continué de nous acquitter de notre mandat très exigeant en matière de recherche et sauvetage, en intervenant dans les incidents aéronautiques et maritimes partout dans notre grand pays.

En tant qu’institution militaire dotée d’une puissance aérienne agile, l’ARC cherche toujours à faire évoluer et à améliorer ses capacités en fonction des leçons retenues dans le cadre des opérations.

Les nouvelles leçons ainsi que les leçons précédentes qui refont surface aujourd’hui nous ont appris ce qui suit :

  • La supériorité décisionnelle constitue toujours un élément fondamental de la réussite des opérations. Afin de réussir sur le plan opérationnel, il est nécessaire d’acquérir et de maintenir l’initiative opérationnelle.
  • La demande en ce qui concerne l’obtention rapide de données axées sur le renseignement ne cesse d’augmenter. Par conséquent, nous devons fournir plus de données sur le RSR et améliorer notre capacité d’analyse.
  • La complexité de l’espace de combat moderne requiert une image commune de la situation opérationnelle réseautée qui permet d’intégrer divers renseignements afin de faciliter les cycles de décision.
  • Tout cela requiert une certaine technologie, l’accès à une largeur de bande adéquate et un examen continu des groupes professionnels pour assurer leur pertinence au fil du temps.
  • Il y a manifestement un nombre croissant de rôles pour les professionnels de la puissance aérienne au sein de l’ARC qui détiennent des compétences, entre autres en matière de gestion des connaissances, d’analyse dynamique, d’élaboration de réseaux, de cyber-défense et de planification de l’exploitation des réseaux.
  • Nous devons également élargir les capacités de nos plates formes de manière à ce qu’elles soient polyvalentes, ce qui nous permettra de produire une puissance aérienne souple et agile et d’améliorer notre disponibilité opérationnelle.
  • Par conséquent, les technologies caractérisées, entre autres, d’embarquées, d’adaptables et de non invasives présenteront un attrait majeur pour l’ARC.

Voilà le type de leçons opérationnelles qui, de concert avec la nécessité de demeurer concurrentiels sur le plan technologique, orientent bon nombre des décisions que nous prenons de nos jours en matière de développement des forces quant à la puissance aérienne.

Nous avons toujours été capables de nous adapter aux nouvelles technologies, procédures et techniques, principalement grâce aux hommes et aux femmes de l’Aviation, qui ont montré leur professionnalisme, leur agilité, leur dévouement et leur bagage impressionnant de connaissances.

Il y a une effervescence évidente parmi le personnel de l’Aviation, alors que nous continuons à mettre en service des flottes modernisées ou tout juste sorties des usines qui apporteront énormément aux Forces canadiennes et à nos concitoyens dans leur ensemble.

J’aimerais consacrer quelques minutes à mettre en évidence ces initiatives.

Nos appareils Aurora ont démontré qu’ils sont capables de faire bien plus que la lutte anti sous marine, leur rôle original. Ils sont en effet devenus l’une de nos ressources les plus polyvalentes.

Pour que nos appareils Aurora continuent de développer leur fonction multimissions moderne, ils devront faire l’objet de considérables mises à niveau quant à leur structure et à leur système calculateur de mission, ce qui prolongera la disponibilité opérationnelle de la flotte jusque dans les années 2020.

Il nous faut également continuer à examiner les capacités RSR que présentent les véhicules aériens sans pilote.

Nous sommes en train d’analyser les options quant au projet JUSTAS – le Système interarmées d’acquisition d’objectifs au moyen de véhicules aériens télépilotés de surveillance – afin de trouver une solution à long terme axée sur les systèmes d’aéronef sans pilote qui permettra d’améliorer notre capacité RSR dans le cadre des opérations nationales et de déploiement.

J’espère que nous recevrons l’approbation préliminaire de projet très bientôt. Une fois qu’elle sera accordée, nous serons en mesure d’établir la chronologie et les jalons du projet ainsi que les résultats précis escomptés, notamment les plates formes potentielles ainsi que les besoins en matière d’infrastructure.

En outre, pour ne pas perdre les avantages tirés de l’expérience opérationnelle considérable que nous avons acquise quant à l’utilisation de l’UAV Heron au combat, nous enverrons des opérateurs dans des unités d’UAV chez nos alliés pour qu’ils puissent conserver leurs compétences et leurs connaissances.

Sur le plan de la recherche et du sauvetage, nous poursuivons nos démarches afin de remplacer l’appareil Buffalo et nos vieux Hercules par un nouvel avion de recherche et de sauvetage. Je suis sûr que nous avons résolu certains problèmes liés au processus, ce qui nous permettra de bien exécuter le projet pour que les Canadiens obtiennent les ressources en matière de recherche et de sauvetage qui conviennent à notre pays.

Nous avons hâte de faire avancer ce projet et nous nous attendons à tenir une autre journée de l’industrie bientôt afin de présenter les étapes futures de cette acquisition essentielle.

Entre temps, nous veillons à ce que le service de recherche et sauvetage d’avions à voilure fixe soit maintenu sans interruption, à travers un investissement continu et intelligent à propos des flottes de Hercules et Buffalo.

Nous avons déjà vu les avantages stratégiques et tactiques que nous procurent nos tout derniers appareils – les Hercules de modèle J et les Globemaster.

Le Globemaster nous permet d’intervenir rapidement et de manière efficace en cas de crise d’envergure nationale ou internationale en utilisant nos propres ressources tandis que dans le passé, nous avons dû composer avec les options disponibles quant à notre transport aérien tactique, au transport aérien contractuel ou à celui fourni par nos alliés.

Cet appareil a ouvert de nouveaux débouchés pour nous en ce qui concerne notre capacité de réagir rapidement avec souplesse sur le plan opérationnel pour satisfaire nos besoins en matière de sécurité comme l’a démontré le soutien que nous avons su apporter rapidement quant au maintien en puissance pendant l’opération Mobile.

Notre nouvel Hercules de modèle J est la version entièrement modernisée et significativement améliorée de notre Hercules. Son rendement et sa fiabilité ont été exceptionnels dans des environnements aussi différents qu’en Haïti, dans l'Extrême Arctique ou en Afghanistan.

J’attends avec impatience de recevoir les quatre derniers des dix-sept Hercules de modèle J dans quelques mois et de mettre la flotte entière au travail.

Quant au Cyclone, nous poursuivrons notre travail acharné en collaboration avec nos partenaires de l’industrie afin de procéder aux premiers essais et à l’évaluation opérationnelle de cet hélicoptère de surveillance et de contrôle maritime de renommée mondiale.

Nos exigences de base en ce qui concerne le Cyclone n’ont pas changé depuis l’examen initial de nos besoins en matière d’hélicoptères maritimes que nous avons réalisé dans les années 1990.

Nous avons besoin d’un hélicoptère robuste qui peut décoller à partir de nos frégates et de nos futurs navires de combat de surface, qui peut parcourir la distance requise, qui peut rester dans les airs le temps nécessaire pour exécuter la tâche confiée, et qui peut fonctionner dans les conditions météorologiques exécrables auxquelles est confrontée la Marine dans les eaux internationales et nationales et composer avec des difficultés opérationnelles de tout genre.

Ce qui a changé dramatiquement depuis est la technologie des capteurs embarqués puisque l’informatique a évolué considérablement depuis les années 1990.

En ce moment, la plate forme sera munie d’un système de fine pointe quant à l’intégration de la technologie qui nous permettra de bien faire notre travail au cours des prochaines décennies.

Or, la mise en œuvre s’est avérée difficile en raison du degré d’intégration technologique qu’il faut réaliser. Nous nous affairons ainsi à trouver des solutions pour disposer d’une flotte opérationnelle aussitôt que possible.

Toujours au sujet des hélicoptères, l’arrivée à Petawawa des premiers de nos 15 nouveaux hélicoptères de transport moyen à lourd Chinook de modèle F est prévue en 2013.

Les Chinook amélioreront le soutien que nous pouvons fournir à l’Armée canadienne et en réponse aux exigences opérationnelles tant au Canada qu’à l’étranger.

Le nouvel hélicoptère sera muni d’un système avionique complet, de capteurs et d’un équipement d’autodéfense de fine pointe. De plus, son rayon d’action sera le double de celui des vieux Chinook.

Au pays, les rôles confiés au Chinook comprendront le soutien logistique ou l’apport d’une mobilité accrue aux ressources des Forces canadiennes, des ministères fédéraux, des autorités policières et autres autorités civiles.

Le Chinook apportera aussi une capacité secondaire de recherche et sauvetage et pourra aider à répondre aux situations d’urgence, comme lors d’incendies, d’inondations et de tremblements de terre.

À l’étranger, les hélicoptères sont cruciaux pour soutenir les opérations militaires, y compris les forces terrestres, réduisant ainsi leur dépendance envers les déplacements par voie terrestre.

Les Chinook constitueront un atout énorme qui améliorera notre mobilité aérienne tactique – une capacité que nos modèles D ont démontrée avec brio en Afghanistan.

Nous travaillons activement à préparer l’Aviation royale canadienne pour accueillir le F-35 Lightning II, qui sera le premier d’une génération de chasseurs dotés des dernières avancées aérospatiales dans les domaines des capteurs, de la fusion des données et de la survie de l’équipage.

Plusieurs exigences sur le plan conceptuel ont été tirées des leçons apprises et elles orientent notre engagement continu dans le Programme de l’avion d’attaque interarmées.

  • Nous avons besoin d’un chasseur ayant la portée et la puissance nécessaires pour produire des effets cinétiques et non cinétiques qui permettront au Canada d’assumer pleinement sa responsabilité de souveraineté.
  • L’appareil doit être furtif pour augmenter ses chances de réussite compte tenu des menaces aériennes, maritimes et terrestres croissantes.
  • Il doit faciliter l’engagement transhorizon puisque le rayon d’action des menaces ne cesse d’augmenter.
  • Il doit également constituer une composante fonctionnelle du système de réseaux pour pouvoir tirer profit de sa capacité polyvalente en matière de surveillance et de reconnaissance et faciliter l’optimisation des cycles de décisions.

Le F-35 fera de l’ARC un chef de file quant à de nombreuses technologies et capacités et il fournira la souplesse nécessaire pour contrer les menaces que nous connaissons et celles qui ne sont pas encore survenues, ce qui est tout aussi important.

L’avenir réserve manifestement au Canada des défis continus en matière de défense, et ce, quel que soit l’environnement géopolitique.

Par conséquent, certaines responsabilités clés demeureront inchangées à l’avenir.

  • Nous continuerons d’assurer le contrôle aérien permanent de l’espace aérien canadien et de ses approches.
  • Nous assurerons la permanence de nos déplacements et de notre capacité à intervenir rapidement et de façon indépendante lors d’événements au pays comme à l’étranger.
  • Nous continuerons de privilégier l’interopérabilité avec nos alliés.
  • Nous continuerons de mener des opérations expéditionnaires, au pays comme à l’étranger.
  • Et nous continuerons d’offrir une des meilleures capacités de recherche et sauvetage au monde.

Dernier point, mais non le moindre, l’Arctique constitue une haute priorité pour l’ARC après la fin de la mission en Afghanistan, et j’ai l’intention d’augmenter nos opérations dans cette région.

Conformément aux politiques du gouvernement et de la Défense, nous améliorerons nos capacités à exercer notre souveraineté et à assurer la sécurité dans le Nord tout en améliorant notre capacité à intervenir en cas de crise et à aider d’autres ministères à respecter leurs mandats dans le Nord.

Ces objectifs n’ont rien de nouveau pour la Force aérienne.

Cet accent accru signifie simplement que notre objectif est d’être en mesure d’exécuter des missions dans l’Arctique qui sont semblables à celles que nous menons dans les régions du Canada situées plus au sud – des missions comme :

  • les patrouilles de souveraineté,
  • les patrouilles de surveillance des pêches et de lutte contre la pollution,
  • de lutte contre la contrebande,
  • de sécurité frontalière,
  • de recherche et sauvetage,
  • de détection d’agents polluants,
  • d’aide humanitaire, et plus encore.

Par ailleurs, nous avons l’intention d’instaurer dans l’Aviation royale canadienne une mentalité qui tiendra toujours compte de l’impact des opérations dans l’Arctique sur la planification quotidienne et à long terme.

Pour terminer, l’ARC a prouvé sa capacité à produire une puissance aérienne robuste.

En acceptant les leçons retenues sur le plan opérationnel – et grâce à la modernisation continue –, je suis convaincu que nous continuerons à fournir le degré élevé de service que les Canadiens attendent de nous tout comme le fait l’Aviation royale canadienne depuis des générations.


 

Joignez-vous à l'ARC : Osez vous surpasser

Les médecins militaires offrent des soins de santé primaires aux membres des Forces armées canadiennes (FAC), dans les cliniques de soins de santé des Forces canadiennes ou à l’étranger, à l’appui des missions de maintien de la paix ou d’aide humanitaire.

Leurs principales responsabilités sont les suivantes :

         - Diriger une équipe clinique professionnelle et chevronnée
         - Promouvoir la santé et l’éducation
         - Fournir des soins de santé primaires
         - Pratiquer la médecine opérationnelle, dont la médecine en haute altitude et la médecine hyperbare
         - Faire la promotion de la santé et sécurité au travail

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