Des Vikings dans le Grand Nord : la première mission de recherche et de sauvetage du 450e Escadron tactique d’hélicoptères

Article de nouvelles / Le 29 juillet 2020

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Par le capitaine Augustine Monteiro et le caporal Justin Critchley

Le 450e Escadron tactique d’hélicoptères (450 ETAH) est basé à Petawawa, en Ontario. Bien qu’une grande partie du monde fonctionne au moyen de capacités réduites en raison des difficultés que pose la COVID-19, les « Vikings » du 450 ETAH ont à peine ralenti le rythme de leurs activités. L’escadron continue à s’acquitter d’un large éventail de tâches et de responsabilités essentielles inhérentes à la gestion de l’une des ressources les plus polyvalentes et compétentes des Forces armées canadiennes (FAC).

Le travail du 450 ETAH porte principalement sur le transport aérien tactique, le réapprovisionnement logistique et l’évacuation aéromédicale avancée à l’appui de l’Armée canadienne et des Forces d’opérations spéciales. L’escadron a également le mandat d’être prêt à intervenir en tout temps dans le cadre de l’opération Lentus. Les militaires en attente peuvent être appelés à participer à un déploiement national en vue de soutenir des gouvernements locaux et d’autres organisations qui ont besoin d’une aide urgente. Les équipages du 450 ETAH ont été déployés plusieurs fois récemment afin d’apporter des secours lors de catastrophes. Au cours de l’après-midi du 27 mai 2020, le centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage a fait appel à un équipage de sept « Vikings » du 450 ETAH pour effectuer une mission de recherche et de sauvetage (SAR). Normalement, on confie ces missions à la collectivité de SAR. Toutefois, dans ce cas-ci, l’hélicoptère de SAR se trouvait ailleurs, donc l’hélicoptère CH-147F Chinook représentait un choix logique étant donné sa portée, sa vitesse et la charge qu’il peut transporter. Il s’agit de la première mission de recherche et de sauvetage confiée à l’escadron depuis qu’il a repris le service en 2012.

Selon les premiers renseignements obtenus, en raison des conditions maritimes, plusieurs personnes s’étaient retrouvées coincées sur une petite île de la baie d’Hudson, près de Puvirnituq, au Québec, et devaient être évacuées. Le capitaine Augustine Monteiro, commandant de l’hélicoptère, a déterminé qu’il était possible d’atteindre ces personnes en environ sept heures de vol au moyen d’une seule escale de ravitaillement. La cellule des opérations de l’escadron, ses sections d’entretien et de logistique, ainsi que les membres d’équipage du 450e Escadron ont interrompu leurs autres tâches et se sont regroupés pour participer à la préparation de la mission afin de permettre un départ aussi rapide que possible.

Le 28 mai 2020, à 4 h, les membres de l’équipage « Sauvetage 302 » sont arrivés aux installations de l’unité, reposés et prêts à accomplir leur mission. L’aéronef a décollé à 6 h 15. Quatre heures plus tard, les membres de l’équipage arrivaient à l’aéroport de La Grande Rivière, leur escale de ravitaillement. En chemin, l’équipage a dû dévier de son itinéraire de vol prévu pour éviter des intempéries. Selon les plus récents renseignements reçus par l’équipage, treize chasseurs inuits, dont deux bébés et deux enfants, s'étaient rendus sur l’île de Millet au moyen d'un pont de glace qui s’était depuis lors effondré. Un aéronef CC-130 Hercules leur avait largué du matériel de survie pour leur permettre de tenir jusqu’à l’arrivée de l’équipage « Sauvetage 302 ».

Vers 15 h 15, l’équipage « Sauvetage 302 » a atterri dans un petit aérodrome d’Inukjuak, au Québec, afin d’y effectuer sa dernière escale avant l’évacuation à l’île de Millet. À la vue et au son de l’hélicoptère Chinook, certains habitants de la région se sont exclamés que la présence de militaires des Forces armées canadiennes leur permettait de se sentir en sécurité compte tenu de tous les problèmes actuels dans le monde. Les membres de l’équipage ont revêtu leur combinaison étanche en vue du vol imminent au-dessus de l’eau glacée. Non seulement il s’agissait de la première mission de recherche et de sauvetage spécialisée confiée au 450 ETAH, mais c'était aussi l’une des premières fois que l’unité traversait une grande étendue d’eau!

Peu après le départ d’Inukjuak, l’équipage a constaté que les conditions météorologiques étaient encore plus mauvaises entre eux et les gens coincés sur l’île de Millet. La fonte des glaces dans la baie d’Hudson et un système météorologique local avaient produit une quantité infinie de couches de nuages bas, ce qui a entraîné une mauvaise visibilité due au brouillard. En gardant les yeux bien ouverts, les membres de l’équipage ont pu trouver des poches d’air clair à traverser tout en préservant l’aéronef. Pendant le déplacement, l’équipage a appris que les chasseurs inuits en détresse étaient des experts en matière de survie, et que le matériel largué par aéronef qu’ils avaient reçu la nuit précédente leur permettrait de survivre plusieurs jours au besoin. Néanmoins, l’équipage ressentait l’urgence de retrouver les gens le plus rapidement et le plus sûrement possible. Surmontant promptement les difficultés météorologiques en cours de route, l’équipage est arrivé sur les lieux à 16 h 50.

L’île de Millet était remplie de blocs de roche noire recouverts de lichen. Les membres de l’équipage n’y ont décelé aucun signe de vie, faisant plusieurs fois le tour de l’île et vérifiant les deux îles voisines pour être sûrs de n’avoir oublié personne. Comme ils avaient fait tout ce chemin, ils ont décidé qu’il serait utile d’atterrir sur l’île et de fouiller une petite cabane qui se trouvait en son centre. Ils ont dû travailler avec acharnement pour trouver un lieu d’atterrissage convenable sur le terrain rocheux, qui semblait beaucoup plus plat vu du ciel. Le mécanicien de bord et un technicien ont quitté l’aéronef pour fouiller la structure et chercher des traces des chasseurs inuits. Toutefois, ils n’ont trouvé que les restes de caribous tués par les chasseurs et quelques vivres militaires provenant des provisions larguées. Les membres de l’équipage ont déterminé que les chasseurs coincés sur l’île avaient dû trouver un chemin à travers les glaces en mouvement pour regagner le continent. Après avoir effectué une recherche approfondie pour trouver les chasseurs, l’équipage « Sauvetage 302 » a quitté l’île de Millet et a atterri à l’aérodrome de Puvirnituq, où il a passé la nuit.

À leur arrivée à leur toute dernière destination pour la journée, les membres de l’équipage ont reçu l’accueil de la police de Kativik, qui les a informés que les survivants avaient réussi à retrouver leur chemin vers le continent quelques heures auparavant. Ces derniers avaient pris un risque en traversant une brèche dans les eaux libres pour trouver de la glace en vue de regagner le continent. En apprenant la nouvelle, les membres de l’équipage « Sauvetage 302 » ont tous poussé un soupir de soulagement, sachant que toutes les personnes coincées dans la baie d’Hudson étaient rentrées chez elles en toute sécurité. Après avoir effectué les inspections nécessaires après tout vol et pris des vêtements plus chauds, l’équipage a verrouillé l’aéronef pour la nuit et est monté à bord de camions de police qui l’ont conduit jusqu’à une maison dans le village. Les policiers se sont montrés extrêmement attentionnés et accueillants, offrant aux membres de l’équipage un moyen de transport en cas de besoin et organisant les repas et l’eau pour le souper. L’équipage « Sauvetage 302 » tient d’ailleurs à remercier le détachement de police de Puvirnituq de son excellent soutien.

Bien que l’équipage du 450 ETAH n’ait finalement pas secouru les personnes coincées sur l’île, la mission a néanmoins permis à l’unité d’éprouver sa capacité d’intervention et a fourni un excellent entraînement à l’équipage dans des conditions qui ne leur sont pas familières. La mission a également permis aux militaires de l’escadron de manifester leur présence dans le Nord, dans un endroit où ils n’ont pas souvent l’occasion de voler.

Au combat par la voie des airs

Le capitaine Augustine Monteiro et le caporal Justin Critchley font tous les deux partie du 450e Escadron tactique d’hélicoptères.


 

Joignez-vous à l'ARC : Osez vous surpasser

Les techniciens en météorologie observent, transmettent et prévoient les conditions météorologiques pour les opérations se déroulant sur les navires de guerre dans la Marine royale canadienne, dans les installations de l’Armée canadienne et dans les escadrons et les escadres de l’Aviation royale canadienne.

Leurs principales responsabilités sont les suivantes :

         - Observer et enregistrer les conditions météorologiques en surface, en mer et en altitude
         - Traiter, analyser et interpréter les informations à caractère météorologique
         - Faire fonctionner et assurer le maintien d’équipements et d’instruments météorologiques spécialisés
         - Informer le personnel de l’escadre, du navire ou de l’unité terrestre au sujet des conditions météorologiques actuelles et prévues
         - Prévoir les conditions météorologiques

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