La naissance d’une mort rapide : le 401e Escadron fête son centenaire

Article de nouvelles / Le 20 novembre 2018

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Par M. Richard Mayne

Promettant la « mort rapide de l’ennemi », le 401e Escadron a consciencieusement incarné sa devise lorsque son pays en avait le plus besoin. Plus précisément, toutefois, le 401e Escadron, qui est connu sous le nom de « Rams », a franchi une étape importante, devenant le premier escadron canadien à célébrer son centenaire, ce mois-ci, en novembre 2018.

Il s’agit d’un exploit unique, d’autant plus que cette célébration précède même le centenaire de l’ARC, qu’on soulignera en 2024. Il n’est donc pas surprenant que certaines personnes se demandent comment c'est possible, en particulier parce que, selon divers récits historiques, l’escadron aurait vu le jour en 1937; d’autres personnes établissent la date de sa formation trois ans plus tôt. Pourtant, des recherches soigneuses et rigoureuses ont permis aux publications officielles des Forces armées canadiennes sur les lignées de déterminer que le patrimoine du 401e Escadron peut, en fait, remonter au 81e Escadron canadien, qui est ensuite devenu le 1er Escadron de la Force aérienne du Canada le 20 novembre 1918 ou autour de cette date.

Cette force aérienne n’a pas survécu, contrairement à l’escadron mis sur pied durant son existence. Ainsi, pour comprendre l’importance du centenaire de l’escadron, il est capital d’examiner de près sa naissance et comment il est devenu le 401e Escadron, puis de faire un résumé de ses réalisations remarquables. De cette manière, on montrera pourquoi il a une histoire qui vaut la peine d’être commémorée.

Les origines du 401e Escadron

La naissance du 401e Escadron a en fait découlé de la pression que le public canadien et la presse ont exercée sur le gouvernement au cours de la Première Guerre mondiale. Puisque de nombreux Canadiens étaient devenus célèbres et avaient obtenu une reconnaissance pour leur service auprès de l’aviation britannique, la presse, en réaction à une perception notable au pays, a commencé à demander pourquoi son pays n’avait pas sa propre force aérienne. Le gouvernement a réagi en créant deux escadrons canadiens, dont le 1er Escadron. Commandé par le major Andrew Edward McKeever, as célèbre et hautement décoré, l’escadron a utilisé les chasseurs Sopwith Dolphin et SE5a à Upper Heyford et, plus tard, à Shoreham, en Angleterre. Une fois la guerre terminée, toutefois, l’intérêt du gouvernement à maintenir une force aérienne canadienne a diminué et, par conséquent, le 1er Escadron a été dissous le 28 janvier 1920.

Il a continué à exister sporadiquement tout au long de la période entre les deux guerres mondiales; il a repris le service le 1er avril 1925 en tant qu’escadron opérationnel, puis a été converti en escadron d’entraînement exactement deux ans plus tard, avant d’être dissous en tant qu’unité militaire le 1er juillet 1927. Il a été reformé à titre de 1er Escadron (de chasse) le 1er novembre 1935, après quoi il est devenu une escadrille de chasseurs du 3e Escadron de bombardiers. Moins de deux ans plus tard, il est devenu le « 1er Escadron de chasse ».

Dans la période juste avant la Seconde Guerre mondiale, le 1er Escadron était une unité de la Force régulière utilisant l’aéronef Siskin à sa base de Trenton, en Ontario. En août 1938, il a été transféré à Calgary, en Alberta, où les biplans vétustes de l’escadron ont été remplacés par des chasseurs plus modernes, les monoplans Hurricane.

La Première Guerre mondiale

Au début de la guerre, l’escadron a été transféré, en premier à Saint-Hubert, au Québec, puis à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, où en plus d’un entraînement plus poussé, il effectuait des patrouilles de convoi et de reconnaissance maritime. Les Allemands s’apprêtant à envahir la France, l’escadron s’est préparé à se rendre à l’étranger pour participer aux combats.

Le problème, c’est qu’il manquait de personnel.

Pour renforcer l’unité et la préparer au combat, l’ARC a décidé que le 1er Escadron allait absorber le 115e Escadron, une unité de la Réserve auxiliaire basée à Montréal, au Québec. Malheureusement, bien que le 115e Escadron constitue une partie essentielle du patrimoine du 401e Escadron, nous ne parlerons pas de son histoire ici. Ce qu’il est important de mentionner, c’est qu’il s’agit d’un jalon remarquable dans l’histoire du 401e Escadron, car cette fusion lui a permis de créer des liens non seulement avec la Force de réserve, mais aussi avec une importante ville canadienne. Le lien du 115e Escadron avec un quartier montréalais lui a permis de devenir l’Escadron « Ville de Westmount ». Suivant l’ajout d’aviateurs provenant de trois escadrons de bombardiers de reconnaissance ainsi que du Dépôt des effectifs de Toronto, le 1er Escadron est arrivé en Grande-Bretagne en juin 1940, où il a réalisé un nombre considérable de premières pour l’ARC.

La plus évidente de ces réalisations a peut-être été le fait que c’était la première fois qu’un escadron canadien combattait en tant qu’unité nationale indépendante. Avant ce moment, tous les Canadiens qui avaient combattu dans l’aviation faisaient partie de l’un des services de l’Empire britannique (le Royal Flying Corps, le Royal Naval Air Service ou la Royal Air Force). Comme beaucoup d'autres escadrons, il a fallu un certain temps avant que le 1er Escadron ne devienne opérationnel, mais une fois qu’il y est parvenu, un certain nombre d’autres « premières » ont suivi.

Cependant, elles ne constituaient pas toutes de bonnes nouvelles pour l’escadron. Par exemple, le sergent Leslie A. Burke, premier militaire de l’unité à subir les tirs de l’ennemi, a également eu la malchance d’être le premier militaire de l’unité à mourir, mais pas au même moment. Il y a également eu la mort du lieutenant d’aviation Robert Lesley Edwards qui, le 26 août 1940, est devenu le premier militaire de l’ARC à perdre la vie dans un combat aérien pendant qu’il servait dans un escadron appartenant au Canada.

En tout, 27 pilotes de l’ARC ont fait partie du 1er Escadron au cours des 53 jours où il a été opérationnel dans le cadre de la bataille d’Angleterre. Une fois que le commandant, Ernie McNab, a fait couler le sang une première fois pour un escadron de l’ARC en abattant un Dornier Do 215, le 15 août 1940, au-dessus du Kent, l’escadron est parvenu à produire des résultats impressionnants; les pilotes du 1er Escadron ont revendiqué la destruction de 30 avions ennemis, la destruction probable de huit avions et l’endommagement de 35 avions.

Ils ont joué un rôle important en empêchant les Allemands d’acquérir une supériorité aérienne sur l’Angleterre, mais ils étaient épuisés. En conséquence, ils ont été envoyés à Prestwick, en Écosse, où ils ont effectué du travail de patrouille côtière relativement moins intensif. Un déménagement a suivi à la base de la RAF Digby, dans le comté du Lincolnshire, en Angleterre, où, en mars 1941, l'escadron a été renuméroté « 401e Escadron » dans le cadre de la création des escadrons de la « série 400 » de l’ARC.

Le 401e Escadron n’a cessé de se faire valoir tout au long de la guerre. Après avoir remplacé ses aéronefs Hurricane par des Spitfire, l’escadron a effectué de nombreuses missions de vol en territoire ennemi et a joué un rôle déterminant dans le soutien d’opérations importantes comme Jubilee (à Dieppe), Overlord (en Normandie) et Market Garden (à Arnhem), qui consistait à tenter de s’emparer de ponts stratégiques au cours de l’avancée des alliés en Allemagne en septembre 1944. Au moment de la défaite de l’Allemagne, l’escadron comptait un nombre impressionnant de victoires. Bien que les chiffres exacts varient d’un compte rendu à l’autre, l’escadron aurait détruit de 180 à 200 avions ennemis. L’unité a également été bien décorée, comme le souligne son histoire : « Concernant les honneurs individuels, 19 pilotes ont obtenu la Croix du service distingué dans l’Aviation, un pilote, la Médaille du service distingué dans l’Aviation, et un autre, l’Ordre du service distingué dans l’Aviation. »

Après la guerre

Peu après la guerre, le 401e Escadron est devenu un escadron de chasse auxiliaire (de la Réserve) dans le cadre de la réduction des effectifs afin d’adapter la force aérienne au temps de paix. Toutefois, afin de l’aider dans son nouveau rôle consistant à veiller à ce que les pilotes à temps partiel et les anciens combattants des réserves maintiennent leurs compétences, le 401e Escadron a pu compter sur des instructeurs de Harvard. Lorsque l’ARC a fait l’acquisition d’avions à réaction à la fin des années 1940, l’escadron a rapidement commencé à se servir de Vampire à sa base de Saint-Hubert, au Québec. Un autre moment important est arrivé en 1951 lorsque, dans le cadre d’une mesure d’envergure de l’ARC, l’escadron a créé sa propre division féminine : douze aviatrices se sont jointes au 401e Escadron au cours de la première année du programme.

Après l’acquisition d’avions-écoles à réaction Shooting Star en 1953, l’escadron a remplacé les Vampire par des F-86 Sabre trois ans plus tard. Pour diverses raisons, principalement liées à la complexité de l’utilisation d’avions à réaction dans la Force de réserve, l’escadron est devenu une unité de transport léger et de recherche et de sauvetage, grâce à l’acquisition de l’aéronef Expeditor. Mais, ce changement ne s’est pas fait sans heurts; dans l’histoire de l’escadron, on note que « les problèmes liés à un changement de mentalité chez les pilotes, qui sont passés des avions de chasse aux vols de patrouille, étaient nombreux et variés; il a fallu une autorité forte pour [tempérer] l’exubérance… même si les plaintes ont persisté. »

Dès ce moment, l’histoire du 401e Escadron a ressemblé à son existence au cours de la période de l’entre-deux-guerres. Depuis 1964, il a changé de nom trois fois, notamment en 1991, lorsqu’il est devenu un escadron d'entraînement opérationnel d’hélicoptères, avant d’être dissous en 1998.    

La reformation du 401e Escadron d’appui tactique en 2015 a montré que, non seulement il est retourné à ses racines en tant qu’escadron d’appui tactique, mais lorsque nous examinons l’aéronef utilisé à cette époque et le comparons au CF-188 Hornet utilisé aujourd’hui, les progrès réalisés par l’unité et la force aérienne (et l’aviation, d’ailleurs) au cours des 100 dernières années de l’histoire de l’escadron sont évidents. L’unité a manifestement beaucoup de raisons d'être fière, et elle mérite de mettre en lumière un certain nombre de « premières » réalisations pour l’ARC.

Le fait que le 401e Escadron célèbre son centenaire avant tout autre escadron, et même avant l’ARC, constitue une autre réalisation à ajouter à sa liste déjà impressionnante.

Les honneurs de guerre de la Seconde Guerre mondiale

BATAILLE D’ANGLETERRE, 1940; DÉFENSE DE L’ANGLETERRE, 1940-1944; MANCHE ET MER DU NORD, 1942; FORTERESSE D’EUROPE, 1941-1944; Dieppe; FRANCE ET ALLEMAGNE, 1944-1945; Normandie, 1944; Arnhem; Rhin.


 

Joignez-vous à l'ARC : Osez vous surpasser

Les techniciens en météorologie observent, transmettent et prévoient les conditions météorologiques pour les opérations se déroulant sur les navires de guerre dans la Marine royale canadienne, dans les installations de l’Armée canadienne et dans les escadrons et les escadres de l’Aviation royale canadienne.

Leurs principales responsabilités sont les suivantes :

         - Observer et enregistrer les conditions météorologiques en surface, en mer et en altitude
         - Traiter, analyser et interpréter les informations à caractère météorologique
         - Faire fonctionner et assurer le maintien d’équipements et d’instruments météorologiques spécialisés
         - Informer le personnel de l’escadre, du navire ou de l’unité terrestre au sujet des conditions météorologiques actuelles et prévues
         - Prévoir les conditions météorologiques

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